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Le Vampyre de New York

publié sur Psychovision.net

Titre original: Already Dead
Genre: Fantastique , Thriller-Polar , Vampirisme
Année: 2011
Pays d’origine: Etats-Unis
Editeur: Seuil
Auteur: Charlie Huston

Le Vampyre de New York aurait pu être un roman noir, si ses protagonistes n’étaient pas déjà morts. En effet, notre héros, Joe Pitt, est détective, mais il est aussi rongé de l’intérieur par une terrible maladie le Vyrus, une maladie qui le rend plus fort, lui attribue un odorat hors du commun (très pratique dans son métier !), mais l’oblige à passer ses nuits à chercher le sang nécessaire à sa survie sous peine de voir ses veines brûler littéralement.Naviguant des bas-fonds newyorkais d’Alphabet City aux hautes sphères de la Grosse Pomme, Joe Pitt devra jongler entre les différents Clans vampyriques, une bactérie qui transforme les squatteurs en zombies mangeurs de cervelle, et sa mission de retrouver une fugueuse gothique de quatorze ans héritière d’une fortune colossale (avant qu’elle ne se fasse boulotter par lesdits zombies).

Charlie Huston offre ici un univers original, pas exempt des trop ressassés Clan Vampiriques, depuis le jeu de rôle The Masquerade, mais en les réinventant tout de même. Il y a La Coalition, qui représente les vampires dans le sens large du terme, ceux de Wall Street, les puissants ; ensuite vient la Société, qui regroupe les anarchistes et les mouvements trans-lesbien-gay-bi ; les Duskers, une bande motards ultra-violents, et les Enclaves (sûrement les plus mystérieux et intéressants), une secte qui fonctionne sur le principe de privation de sang, afin d’atteindre un équilibre entre la vie et la mort, permettant d’acquérir force et connaissance, un lien avec l’au-delà. Le principal problème de Joe Pitt, c’est qu’il est indépendant, et qu’il compte bien le rester malgré les Clans qui cherchent à l’enrôler. Toute ce microcosme obéit à une seule règle : celle de la Transparence ! Ne pas révéler sa présence aux humains, et surtout, ne pas tuer, ni mordre pour se procurer du sang, sous peine d’exécution : c’est le Clan auquel on appartient qui s’occupe de procurer le fluide vital. Pas de romance niaiseuse à l’horizon donc pour ces Vampyres de New York, on est bien loin de la Bit-Lit malgré les gangs qui se font la guerre et la profusion de morts-vivants de toutes espèces. Si Joe Pitt verse parfois dans la sentimentalité — amoureux qu’il est d’une barmaid sidéenne qu’il se tâte à transformer — ces vampyres n’ont rien des grands ténébreux sensuels enclins aux amourettes adolescentes, ce ne sont que des créatures malades, qui ne sont même pas autorisé à tuer pour apaiser leur soif. Joe Pitt ne s’introduira donc pas dans la chambre des vierges pour les hypnotiser de son regard de feu et les soulager de quelques litres d’hémoglobines. Il sera plutôt du genre à paniquer devant son frigo vide, comme tout bon citoyen qui se respecte ! Exit le folklore et les superstitions, Pitt peut manger de l’ail sur ses pizzas, (même s’il n’aime pas ça) boire de pleines gorgées d’eau bénite et admirer sa tronche brûlée par le soleil dans les miroirs.

Le petit plus du roman serait cette plongée ultra-réaliste dans les cultures marginales, parmi les punks à chiens et les actrices porno, premières victimes des non-morts. Charlie Huston ne prend pas son lecteur avec des pincettes, et le gratifie de misère sociale, ponctuée d’effets gores bien dégueu, de scènes de viol incestueuses, et de descriptions de souffrances insoutenables, le tout saupoudré de répliques cinglantes et d’argot New-Yorkais… Bref, une enquête surnaturelle à suivre avec intérêt !

note : 7,5/10

Morgane Caussarieu

A propos de ce livre :

– Site de l’auteur : http://www.pulpnoir.com/

– Site de l’éditeur : http://www.seuil.com/

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