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A l’encre de tes veines

Auteur: Céline Rosenheim
Editeur: Rebelle
Année de publication: 2012
Pays: France
Genre: recueil de nouvelles vampiriques

Le vampire est une créature protéiforme et cela n’a pas échappé à Céline Rosenheim. A l’instar d’Estelle Valls de Gomis dans son recueil Le Cabaret Vert, celle-ci a digéré les classiques du genre, et nous offre des descendants de Lestat et Carmilla changeants, venimeux, mélancoliques et toujours sensuels, marqués par des influences profondément gothiques — que cela soit dans l’univers où dans les références musicales. Entre grandeur et décadence, l’auteur passe avec habilité d’une époque à une autre, d’un vampire dandy à une créature animale, de Londres à Paris avec parfois un petit détour par le Japon. Elle multiplie les supports — poèmes et nouvelles— et vogue de genre en genre, du romantisme noir au post-apo en passant par la fantasy. Bref, tous les vampires dont vous avez pu rêver, vous les rencontrerez dans ce recueil…

Si quelques textes restent anecdotiques, on retiendra les images fortes des plus originaux, comme ce chat albinos suçant les menstruations d’une geisha défigurée à qui il a redonné la beauté, ou cette femme vampire vivant dans un cimetière qui statufie ses victimes par son baiser, les condamnant à vivre avec elle pour l’éternité, figés… ou encore ces adolescents vampires parqués dans un ghetto, vendant leur sang aux junkies pour survivre. Mais sous toute cette noirceur, Céline Rosenheim possède aussi un grand sens de l’humour, et parvient à nous surprendre avec une parodie gothico-moderne de Blanche Neige — où les sept nains sont un groupe de darkwave !

Ma critique principale : ces textes sont trop courts, inégaux, et leur longueur empêche de creuser les personnages en profondeur et de s’attacher aux différents suceurs de sang évoqués… On aimerait voir cet univers foisonnant développé au fil d’un roman.

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