Mots-clefs

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

WEB-couvPourquoi lire Morts dents lames aux éditions La Madolière ? Tout d’abord pour la  couverture réalisée par Bastien Lecouffe Deharme, qui a aussi réalisé la couv’ de Dans les veines !

Ensuite, pour saluer l’entreprise courageuse d’une anthologie qui célèbre le gore, le glauque, le malsain, le franchement dégueu, dans un paysage littéraire hexagonal plus friand de fantasy et de polar que d’horreur bien gerbante.

Car si malheureusement, le giallo que nous avait promis La Mad n’est pas au rdv, la violence, elle l’est ! Les amateurs de sanguinolent ne seront pas déçus, croyez-moi, et je sais de quoi je parle. J’en appelle au pervers qui sommeille en chacun de nous, il ne sera pas déçu par la petite boutique des horreurs que propose Morts Dents Lames. En magasin : tortures en tout genre (la traditionnelle inquisition, torture psychologique, torture-porn pour les plus vicieux…), viol et gang bang, red-necks psychopathes, mutilés de guerres, pédophilie… Bref, que du lourd.

Les textes d’auteurs confirmés côtoient ceux des novices, les tons varient, de l’humour noir au sérieux glaçant. Ces 19 nouvelles ne sont pas toutes du même niveau, certaines marquent plus que d’autre, bien que la plupart aient quelque chose. Je vais donc évoquer rapidement celles qui m’ont le plus touchées, et qui pour moi, font la saveur de ce bouquin : Tout d’abord la première nouvelle, Anatomie, une histoire de l’âme, d’Olivier Caruso, un récit particulièrement dérangeant et barré, mettant en scène la fille d’un anatomiste qui se fait des poupées avec les restes des dépouilles que découpe son père. Je salue aussi Le Sang des cailles, de Matthieu Rivero, pour son ambiance, très documentée sur la vieille Égypte et le métier d’embaumeur. La courte nouvelle Biocarburant, de Christian Janonne, écrite en argot et ultra-référencée m’a fait sourire. La nouvelle la plus traumatisante (mais pas forcément la mieux écrite) est à mon sens Les Frangins du 77, de Lilian Bezard, qui raconte l’histoire d’un bouseux qui observe son frère handicapé, rejeté de tout temps par la gente féminine, devenir un violeur puis un meurtrier. La relation malsaine et incestueuse entre les deux frères et des plus troublantes. Le Thriller of Mouton Gris, de Gaelle Etienne, est aussi très marquant, cruel, car il touche à l’adolescence, et au persécutions que subit au lycée un élève différent des autres, jusqu’à l’inévitable bain de sang. American Dream 2010, de Jeff Balek, n’est pas vraiment gore, mais on comprend qu’il figure dans l’anthologie car il est en revanche, très bien écrit.

Mais la nouvelle qui m’a littéralement conquise, c’est le génial Poupée Larsen de Mathieu Fluxe. Alors, qui est Matthieu Fluxe ? Aucune idée, mais ce qui est certain, c’est qu’il est à suivre avec intérêt. Sa nouvelle parle d’une compétition de la douleur entre deux sado-masos, et à elle seule, elle justifie l’achat du recueil. La couverture, si vous êtes attentif, rend d’ailleurs hommage à ce texte en particulier.

Publicités