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11492_10Les larmes rouges… Un beau titre, un prix merlin, plusieurs personnes qui me l’ont chaudement recommandé, et il aura fallu la réédition J’ai lu pour que je finisse par le lire. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Peut-être à cause de la taille de l’ouvrage (700 pages environ), peut-être la peur d’encore tomber sur une histoire de vampire romantico-neuneud…

Toujours est-il que je regrette, parce que ce bouquin, je l’ai dévoré en deux jours, et j’attends la suite avec impatience. Malgré quelques longueurs, j’ai rarement rien lu d’aussi prenant. OK, c’est romantico, mais pas neuneud, plutôt morbide à souhait. Plus gothique, tu meures : on y trouve des thèmes comme le suicide, la folie, les vampires, les vieux manoirs aux planchers qui grincent, les phrases ensanglantées qui apparaissent sur les murs…. Brr, j’en tremble encore. Georgia Caldera ne recule pas devant les images chocs : père éviscéré en lisant son journal, vampire qui pourrit dans un cercueil rempli d’hémoglobine : la demoiselle sait y faire pour hanter les nuits du lecteur un peu trop sensible !

Et puis, autant vous prévenir, c’est presque impossible de ne pas s’identifier à l’héroïne, Cornelia, de ne pas compatir aux mésaventures atroces qui s’abattent sans cesse sur elle.

L’histoire commence sur le suicide raté de cette pauvre fille, qui n’a aucun amis et que son père, l’unique famille qu’il lui reste, délaisse. Elle se réveille à l’hôpital, après avoir sauté d’un pont, et comprends que quelqu’un l’a sauvée de la noyade. Sauf que ses poignets sont lacérés, comme si elle avait essayé de s’ouvrir les veines, mais elle n’en a aucun souvenir. Petit à petits des stygmates étranges apparaissent sur tout son corps. Est-ce que le mystérieux Henri, le beau châtelain détestable qui se révèle être celui qui l’a repêché du fleuve et qui, par une troublante coïncidence, habite en face du manoir où elle passe sa convalescence, pourra l’aider à y voir clair ?

La première partie du roman, certainement inspirée en partie des nouvelles de Poe, est centrée sur la dépression de Cornelia, sa solitude, ses hallucinations, ses cauchemars, ses peurs, et sur sa perte de contact avec la réalité. Sombre-t-elle dans la folie, où les étranges événements qui lui arrivent sont-ils réels ?

Ensuite, les vampires rentrent en jeu, et Poe laisse place à un univers qui n’a rien à envier à Anne Rice. Le récit est admirablement construit, un puzzle dont les morceaux s’emboîtent peu à peu, et les personnages tous très bien croqués, surtout la dizaine de vampires qui jalonnent le roman. La mythologie des buveurs de sang est plutôt bien renouvellée, ainsi que leur caractéristique physique. Ils ne sont pas que beaux, ils ont aussi quelques aspects répugnants, sordides.

L’histoire d’amour n’est pas simple, ni évidente, juste désespérément cruelle, car elle se passe sur deux époques, deux incarnations de Cornelia. Si aujourd’hui, l’héroïne est tout sauf insensible au charme d’Henri – malgré son statut de prédateur et son comportement cyclothymique – par le passé, elle le méprisait et lui a brisé le cœur. Par ailleurs, l’évolution du personnage de Cornelia, à mesure qu’elle découvre qui elle était, est captivante : de jeune fille hyper mal dans sa peau, elle devient subtilement une personne sûr de son charme, de sa force et de ses convictions.

Je recommande donc Les Larmes rouges à toutes les fans d’Anne Rice et aux amatrices de romantisme noir et de récit gothique !

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