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lemashtuLemashtu, chronique des stryges, Tome 1

auteur : Li-Cam

Editeur : Griffes d’encre

Etrange, Lemashtu. J’en avais entendu parler, toujours en bien, comme de son auteur, la charmante Li-Cam. Mais j’avais aussi entendu la mention Young Adult. Alors je me méfiai, je me disais, c’est peut-être pas pour moi… La couv pourtant, ne pue pas le young adult, elle suinterait même le roman érudit. C’est au Salon du vampire de Lyon que je me suis lancé. Et bien j’en ai eu pour mon argent. Lemashtu est un bouquin surprenant, croyez-moi. Dur à définir. Je tenterai que c’est du Harry Potter version salace. Un petit gars célèbre, cloitré dans un pensionnat londonien. Sauf que la comparaison s’arrête là.

Le principal problème de Lemashtu, c’est ses pulsions sexuelles incontrôlables, que ses tuteurs castrateurs essaient de museler tant bien que mal. Et ça arrête pas pendant tout le bouquin, de la métaphore scabreuse des crocs érigés, aux tentations homosexuelles, au sexe plus explicite. Mais le tout est raconté avec l’innocence et l’ingénuité de J.K Rowling. Rien que pour ça, ça vaut le détour. Mais c’est pas tout. Li Cam a de l’imagination à revendre, et réinvente complètement la mythologie des buveurs de sang, qu’elle situe dans une uchronie très proche de notre réalité, ou les stryges, après les horreurs commises par Vlad Tepes, sont confinés dans des camps. Lemashtu est le dernier vovoïde Dracul, un prince mais aussi le dernier espoir de son espèce, car il est le seul reproducteur encore en vie. Le vampire est en voie d’extinction, et c’est le Vatican lui même qui veille sur la jeune créature comme la prunelle de ses yeux, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge de se reproduire avec une humaine. Mais l’église à aussi une branche dissidente, Le Bras de la Miséricorde, bien décidée à décimer les stryges survivants.

Comme True Blood, Li Cam évoque à travers le vampire le thème de l’intolérance de la différence. Il s’agira pour Lemashtu d’apprendre à réfrener ses pulsions de Mal Alpha hypersexué et son instinct vicieux pour ne pas tomber dans les tentations que mettrons sur son chemin Le Bras de la Miséricorde afin de le perdre et de le tuer. Mais dur de résister aux avances des pucelles du pensionnat, qui toutes perdent la tête en croisant ses beaux yeux verts. Li Cam parvient à instaurer une tension sexuelle morbide comme j’ai rarement vu. La construction est aussi remarquable, on alterne entre présent et passé, grâce aux archives du vatican, qui nous permettent de découvrir la personnalité des mystérieux tuteurs de Lemashtu.  Vous l’aurez compris, Lemashtu, c’est du old young adult, quoi. Et c’est surement le principal soucis du bouquin en même temps que sa qualité.

Petits Bémols, j’ai moins aimé la fin que le début, rapport à un climax final qui m’a semblé un peu incohérent, et les personnages humains sont moins travaillés que les vampires. Mais rien qui m’a arrêté, j’ai hâte de lire la suite !

Morgane Caussarieu

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